1 an plus tard

Oui, je sais, j’ai ouvert ce blog en juillet 2018…..

Mais, ce seul et unique article de 2018 s’est senti bien seul pendant….. 9 mois (tiens 9 mois, c’est marrant ça!).

Au printemps 2018, ma gynéco m’a gentiment demandé d’aller voir ailleurs car elle ne pouvait plus rien pour nous. En vrai, elle n’a jamais rien fait pour nous, 7 ans de suivi sans avoir vu que j’étais opk (et malheureusement ça se voit sur ma tronche) ou que j’étais la candidate idéale pour l’endométriose franchement ça ne mérite pas vraiment la plaque « gynéco » toute dorée en bas de son cabinet.

Je ne pouvais pas vivre l’entrée en PMA toute seule. Alors, je me suis mise à lire des  blogs par-ci, des témoignages par-là. Et puis j’ai eu l’idée d’en ouvrir un pour pouvoir surtout exprimer quelque-part ce que je ne pouvais pas forcément raconter tout haut à mon entourage, et me sentir moins seule face à cette nouvelle étape de ma vie.

Sauf que j’avais encore beaucoup d’espoir (ou de naïveté de nouvelle pmette) et que je me voyais en cloque dès le premier traitement. D’un côté j’avais envie de partager ces moments forts et douloureux, mais de l’autre je ne me sentais pas légitime. Les médecins n’arrêtaient pas de me dire que j’étais un cas facile, alors je me disais « Tu vas voir, dans quelques mois on débute la FIV, ça va fonctionner, tu vas pas te mettre à raconter ta vie et te casser comme une voleuse 1 mois plus tard ».

Alors je continuais à consulter la blogosphère PMA, en cherchant dans les mots des autres, des sentiments et des réactions que je ne pouvais que reconnaitre.

Puis il y a eu le premier échec en janvier 2019. Je sais que tout le monde ne vit pas ce premier échec comme le pire, mais on a toute l’expérience de celui qui nous fait vriller. Et bien moi c’était celui-là, le tout premier.

Cruel, car massif. Le même jour, apprendre que la prise de sang est négative et qu’il n’y a aucun embryon congelé ça a fait très très mal. J’ai marché au radar, pendant de longues semaines suite à cela. J’ai même fait un truc inimaginable pour la froussarde que je suis, j’ai fait mon baptême en deltaplane du haut du Puy de Dôme, en me disant que si la toile ne s’ouvrait pas correctement ce ne serait pas si grave.

Cruel, car solitaire. Ce n’était plus possible de rester seule face à mes angoisses, alors j’ai fait la seule chose que je fais quand je vais mal, je me suis mise à écrire. Mais pas juste pour moi, je me suis mise à écrire pour partager avec les autres. Et ça s’était vraiment nouveau pour moi. Je ne suis pas très à l’aise avec les gens en général, alors dévoiler mes craintes, mes peines à des inconnus, ça vaut un bon saut en parachute niveau sensations fortes.

Et je ne l’ai pas regretté un seul jour.

Pour moi, cette aventure là a commencé un 30 avril 2019. Et même si j’aurais bien aimé qu’elle s’arrête le 30 mai 2019, elle m’accompagne désormais dans les cheminements que l’infertilité et la PMA me font traverser. Et même si je crains encore des coups de bambous bien massif sur le tronche, au moins je me sens bien moins seule…..

Wholesome Hugs GIF - Find & Share on GIPHY

 

Crise d’ado, PMA et covid

Bien manger, se reposer, prendre soin de soin, être dans l’instant présent, voila ce que toute personne en attente de réouverture des centre PMA devrait faire pour optimiser au mieux ce moment de pause.

Alors moi quand je lis cela j’ai juste envie de dire : FUCK!

Ouais, je crois que je fais ma crise d’ado de la PMA. Et le covid n’arrange pas les choses…..

Déjà que j’ai l’impression de revenir à l’été de mes 12 ans, où je pouvais passer mes journées devant Buffy contre les vampires et Une nounou d’enfer. Et oui, à chaque fois que j’allume la télévision, il faut que je retombe sur une série qui passait dans les années 90, et je me fais avoir. Je fais style que je vais regarder juste 5 minutes pour me rappeler le bon vieux temps, mais je me tape les 6 épisodes à la suite.

Et je préfère ne même pas parler des Sims, avec lesquels j’ai joué jusqu’à plus soif dans mon jeune temps et que j’ai eu la très mauvaise idée de télécharger pour m’occuper un peu. Putain, là-dedans, ils baisent une fois et la simsette est en cloque direct! Mais je continue à jouer, parce que on en a du temps à perdre en ce moment et que j’aime bien me faire du mal…..

A cela s’ajoute, un vent de rébellion qui avait commencé à souffler depuis quelques mois déjà. Tu me dis de ne pas boire, et me voilà à picoler tous les soirs. Tu me dis de faire du sport modérément et je ne choisi que des vidéos de cardio ou de renforcement musculaire intense. Si ça fait pas mal, c’est pas drôle. Tu me dis de manger sain, je remplis mes placards de biscuits apéro et de m&ms. Tu me dis de me chouchouter un peu et je regarde dédaigneusement le shampoing et le maquillage qui m’attendent patiemment dans la salle de bain.

Le pire c’est que je fais une crise d’ado à tendance punk « no future ».

Parce que je le sens moyen le retour à la PMA dans les prochaines semaines. Les hôpitaux vont avoir besoin de bras supplémentaires pendant un paquet de mois j’imagine et va bien y avoir une commission trucmuche, un conseil machinchose qui va nous dire que c’est pas sérieux de vouloir faire des bébés en ce moment et les centres resteront fermés jusqu’à ce que ça se calme vraiment (c’est à dire dans très looooooooooongtemps). Les bébés couettes eux vont pouvoir venir au monde, parce que bon ils ne vont pas stériliser tout le monde quand même. Mais nous on l’aura dans l’os!

C’est pas tout mais mes trois rejetons virtuels m’attendent. Ça fait trois fois que les services sociaux me menacent de me retirer Kevin, si je ne lui donne pas à manger. Mais ce crétin préfère jouer avec le contenu de son assiette que de l’ingurgiter. Et Beverly et Brandon sont en train de se battre dans la boue.

Bah quoi, moi aussi je peux me plaindre de mes gosses, non?

Bryan Cranston Malcolm GIF - Find & Share on GIPHY