On prend (presque) les mêmes et on recommence

Après 15 jours de Décapeptyl, où j’étais au taquet, malgré les insomnies, les règles arrivées hier m’ont mis au tapis.

Douleurs, déprime et fatigue. Le combo idéal pour la reprise du boulot. Mes collègues et mes élèves m’ont vu arriver, le cheveux filasse et les cernes sous les yeux après 15 jours de vacances. J’ai enchainé les (petites) boulettes en classe et un de mes CP n’a pu s’empêcher de dire tout haut « elle arrête pas de faire des bêtises la maîtresse ». Ça m’a fait sourire et je me suis mis un coup de pied aux fesses pour finir cette journée en étant un peu plus attentive à ce que je faisais.

Mais haut les coeur! Qui dit premier jour de cycle, dit début du TEC.

Aujourd’hui, j’ai débuté le traitement. Provames et Vivelledot. Je commence à connaitre. J’enchainerai avec la progestérone dès le feu vert des infirmières. Mais dans le courrier envoyé par la PMA j’ai découvert un petit nouveau : l’Augmentin. A prendre 48h avant le transfert d’embryon. En attendant, de poser mes questions au médecin (en espérant que je tombe sur l’un des médecins pour faire les échographies), je me retourne vers mon meilleur et pire ami : L’internet!

Alors, alors à quoi sert-il ce médoc?

Je vois qu’il est indiqué pour le traitement de diverses infections bactériennes. Umh umh….

Ah, il peut être administré lors d’infections de la peau et des tissus mous, en particulier cellulite. Je sais pas si cela va m’aider à tomber enceinte, mais si ça peut faire disparaitre la cellulite qui est venue s’incruster depuis que je suis infertile (ou vieille), je prends!

Bon trêve de plaisanterie. Le seul truc que j’ai trouvé qui me semble pertinent vu mon profil, c’est que l’Augmentin peut être prescrit lors d’infection de l’endomètre. Peut-être une conséquence de la fausse-couche de décembre?!

Je devrais en savoir plus lors de la première surveillance à l’hôpital.

Surveillance qui tombe pas franchement au meilleur moment niveau professionnel, mais bon, après la curée du mois de décembre pendant les grèves, je crois que je pourrais survivre!

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La liste

Après quelques jours très agréables passés dans la capitale hongroise, nous voila de retour sous la grisaille parisienne.

Petit pincement au cœur.

Ce long weekend nous a fait du bien. Cela faisait plus d’un an et demi que je n’avais pas mis les pieds à l’étranger et j’ai retrouvé des sensations que je croyais disparues. L’excitation à l’aéroport, la joie face à toutes les nouveautés qui nous sont offertes, l’insouciance vis à vis de ces journées que nous pouvons occuper comme bon nous semble, le bonheur d’être ensemble pour vivre tout ça.

Alors forcément, le retour est un peu dur. Mais nous avons encore une journée à passer ensemble avant que Mr Patient ne reprenne le chemin du travail.

Double petit pincement au cœur.

Mr Patient reçoit un message d’un ami qui lui annonce la naissance de leur bébé. Pour une fois, je suis plutôt décontractée face à la nouvelle, mais lui grimace. Et de le voir mal cela me fait culpabiliser. Pas évident d’être celle dont le corps ne joue pas le jeu…..

Le soir, autour d’un plat complétement raté, (A croire que l’infertilité m’a aussi volé mes talents de cuisinière) Mr Patient me dévoile le prénom du bébé qui vient de naitre. Je souffle, c’est bon ce n’est pas un prénom que j’avais en tête. C’est vraiment rageant de se dire qu’on risque de se faire piquer nos prénoms préférés par tous ceux qui n’y pensaient même pas lorsque nous avons commencé les essais et arrivent à faire des bébés avant nous.

On en vient à parler des prénoms que nous aimons et là Mr Patient sort son téléphone et ouvre un fichier avec une liste de prénoms. Je l’interroge « C’est quoi cette liste? » ‘Celle qu’on a fait lorsque nous sommes allés au Mont St-Michel ». Je l’avais complétement oublié, alors je me refais le film rapidement dans ma tête. Le soleil. Les remparts. Des moules frites en terrasse. Tout me revient en mémoire.

Il a conservé cette liste. Celle de nos premières discussions sur la famille que nous aimerions avoir. Depuis 4 ans, elle est là bien à l’abri dans son téléphone. Cela m’a profondément touché.

On a parcouru ensemble les prénoms qui y étaient notés. Certains nous ont fait grimacer et nous les avons effacés. D’autres étaient toujours bien d’actualité. On a commencé à se chamailler gentiment sur ceux que nous préférions. En oubliant l’infertilité, la PMA et tous les coups au coeur de ces presque 4 dernières années.

Et nous avons rajouté un prénom pour un garçon. Un prénom qui a du sens pour nous.

Espérons que nous ressortirons cette liste dans les prochains mois pour avoir de nouveau cette dispute tant attendue.

FIV 2 – TEC 3 – on ménopause

Après mon petit pétage de plomb fin janvier vis à vis du secrétariat de l’hôpital, Mr Patient a pris les choses en main.

Ni une ni deux, il a dégainé son téléphone et a réussi à obtenir une révision de notre dossier par le médecin dès réception de celui-ci. Le soir même, j’imprimais et déposais le dit dossier dans la boite aux lettres de l’AMP. Il nous restait 7 jours pour être dans les clous afin de débuter la ménopause artificielle.

Deux jours plus tard, mail du secrétariat avec le fameux sésame : les ordonnances!

Wahou! Quelle réactivité cette fois-ci…….j’étais en joie!

5 jours pour aller chercher le médoc et prendre rendez-vous avec un cabinet d’infirmière. Je suis laaaaarge!

J’en ai profité pour m’octroyer un petit weekend familial chez mes tatas. J’ai de la chance d’avoir deux tantes que je considère plus comme des grandes sœurs car la différence d’âge entre nous n’est pas très importante et elles ont passé beaucoup de temps avec moi lorsque j’étais plus jeune. J’essaye de perpétuer cela avec mes jeunes cousines même si récemment je n’ai pas été très présente. En tout cas là, c’était le moment parfait. J’ai pris une bonne bouffée d’amour, de bonne humeur et de rigolade.

Ce soir a eu lieu la piqure de Decapeptyl et dans un mois environ, retour à l’hôpital pour la suite du programme.

Entre temps, nous nous octroyons un weekend en amoureux à Budapest ( Nirnaeth si tu as des bons plans je suis preneuse) qui devrait permettre de faire passer le temps agréablement.

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L’amie que je suis devenue

Ce dimanche matin a un petit goût de honte.

Cette honte et culpabilité qui suit la plupart des moments de socialisation que j’ai depuis presque 2 ans maintenant.

Hier, aucune de mes amies n’a fait d’annonce. Et cela m’a soulagée.

Il fut un temps où le bonheur de mes amis me mettait en joie. Tout simplement.

Maintenant leur bonheur me fait peur.

Cette amie que je suis devenue, je ne l’aime pas beaucoup. Mais je dois vivre avec elle au quotidien.

C’est très certainement pour cela que j’ai commencé à écrire ici.

Ces sentiments que je ne peux leur dévoiler au grand jour, ils ont trouvé à s’exprimer ici, de manière brute et sans compromis.

Je m’en veux parfois de ce que j’ai pu écrire et je m’inquiète à l’idée qu’elles puissent un jour le découvrir. Mais c’est ça aussi mon quotidien, lutter au jour au jour avec tout un tas de sentiments ou de réactions dont je ne suis pas très fière.

Et puis parfois lorsque la jalousie et la colère me laissent un peu tranquille, l’amie que je suis aujourd’hui redevient l’amie que j’étais. J’observe les changements et accueille les projets avec une véritable joie extérieure et un profond contentement intérieur.

Je ne peux jurer d’être une meilleure amie dans l’avenir. Je risque de ressentir encore des choses qui me tordront le ventre après coup. Mais je peux faire en sorte de vivre pleinement les moments de joie quand je m’en sens capable comme hier soir. Et pour la suite, on improvisera.