Reprise PMA ou pas?

J’ai l’impression qu’un bon mois c’est déjà passé depuis le 11 mai, mais non 9 jours seulement….

Le retour à l’école fut source d’anxiété vis à vis de ce protocole d’accueil si difficile à faire appliquer à de jeunes enfants, mais aussi de joie de revoir quelques élèves et mes collègues. L’organisation par contre est dantesque. Les informations hiérarchiques changent d’un jour sur l’autre et nous et les familles devons nous adapter au dépoté. Ça génère beaucoup de tensions et de fatigue. Heureusement que je travaille dans une super équipe et que tout le monde fait attention aux uns et aux autres.

La semaine dernière, avant la reprise à l’école, je recontacte la secrétaire du docteur Hope grâce au bon conseil de Lucienne. Elle me répond tout de suite et me dit que suite à un désistement elle peut avoir une place pour moi en fin de semaine, sur le temps scolaire. Je retrouve mes élèves ce jour là, après deux mois de travail à la maison. Je ne peux pas être absente cette semaine de reprise. Je m’en excuse auprès de la secrétaire. Avoir un rendez-vous avec ce médecin me semble si précieux que je m’en veux presque de devoir dire non. Et plus de nouvelles de la secrétaire, mince, je me suis peut-être grillée….

Le lendemain, elle me propose finalement un autre rendez-vous mi-juin. Mais je suis tellement concentrée sur le travail que je lui confirme mais à la mauvaise date. Elle a dû me prendre pour une sacrée relou bien à la masse!

Finalement c’est bon j’ai mon rendez-vous à la bonne date de noté, accompagné de son lot de questionnements qui tournent dans ma tête : quels vont être les examens à refaire? Va-t-elle me conseiller de me faire opérer pour l’endométriose? Comment m’organiser niveau travail avec ce changement de suivi? Et combien tout ceci va t-il nous coûter? D’ailleurs si certaines ont des infos sur de bonnes mutuelles ou sur-complémentaires pour les suivis en PMA je suis intéressée…..

Je contacte également l’hôpital où je suis suivie pour avoir une copie de mon dossier. Je vais rester sur mes gardes quand je vois les péripéties rencontrées par Boma de ce côté là…..

D’un autre côté, je suis l’actu de réouverture des centres sur instagram et sur un forum consacrée à la PMA. Des Pmettes sont recontactées au fur et à mesure par leur médecin et repartent dans de nouveaux protocoles (si tout va bien). Moi qui avait été si négative en début de confinement, j’ai un secret espoir de pouvoir refaire un TEC avant aout. Espoir vite balayé par la réception d’un courrier de mon centre, hier. Je ne pourrais reprendre le chemin de la PMA qu’à partir de septembre (toujours si tout va bien).

Ça m’a cassé le moral de me dire qu’il faudrait 4-5 mois avant de refaire une tentative. Je sais que je ne suis pas prioritaire en âge ou du fait que je n’ai pas dû arrêter de protocole en cours, mais de voir toutes ces femmes joyeuses de se relancer dedans et de savoir que ce sera au point mort jusqu’à l’automne pour moi, ça m’a flanqué un coup. J’ai supprimé le forum de mes favoris pour le moment.

Heureusement que j’ai le rendez-vous avec Hope de prévu et qu’il va arriver vite. J’imagine de toute façon que j’aurais plein de choses à prévoir niveau examens en juin-juillet, alors un TEC au milieu de tout cela serait peut-être un pêché de gourmandise. Il me reste trois embryons. Il est plus judicieux d’avoir un complément d’information sur mon dossier plutôt que de les « gâcher » à l’aveugle.

Enfin, petit pensée pour Lily, car moi aussi cette semaine je vais « fêter » une année de plus. Comme toi, je trouve qu’ils sont bien difficiles ces anniversaires avec le ventre vide et l’impression de faire du sur place depuis trop longtemps….

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C’est plus possible

Ca y est, je crois qu’on est pas loin de la rupture, mon centre de PMA et moi.

Au départ, on était tout feu, tout flamme. 1er rendez-vous, le médecin m’annonce bam – endométriose bam – suspicion de SOPK. Bam-bam, un doublet gagnant. Après des années d’errances gynécologiques, j’avais enfin trouvé mon gourou.

Sauf que cette médecin, et bien, on ne la voit jamais, sauf si on le demande. Premier truc un peu étrange pour moi, surtout après la FIV 1, ou j’attendais sagement que le médecin demande à nous voir pour faire le point. J’aurais pu attendre longtemps…..

Ensuite, rien n’a jamais été préconisé pour mettre mon endométriose au repos entre les cycles. Alors, c’est peut-être à moi d’aller voir un autre gynéco pour ce suivi là, mais j’aurais un peu peur que cela interfère avec mes protocoles. J’ai bien évoqué la possibilité de reprendre la pilule ou d’avoir plus qu’un cycle de Decapeptyl, le médecin m’a simplement dit « comme vous voulez ». Umh…..bah, c’est vous le médecin….

Et puis en vous lisant, je me disais qu’il y avait quand même un truc qui me dérangeait également. Aucune info un poil médicale ne nous étaient données. On me disait que mon endomètre, mon utérus mes embryons étaient beaux. Ok, je suis pas médecin mais c’est un poil vague, quand même. L’endomètre, il est à combien? Et la qualité des embryons, on peut en savoir plus?

La fin de l’année 2019 est arrivée et là, il a commencé à y avoir sérieusement de l’eau dans le gaz. La gestion de ma fausse-couche était franchement limite. D’abord, ils ont oublié de nous transmettre des résultats de taux hcg, une veille de weekend. Puis, le médecin qui blaguait et papotait gaiement alors qu’on venait juste d’apprendre que c’était fini pour le mini embryon qui avait tenté de squatter mon utérus, c’était pas possible.

Alors, avec Mr Patient on a commencé à penser à aller voir ailleurs. Mais on se disait, qu’on verrait cela si on n’obtenait rien de nos 4 embryons congelés restant.

On a refait un TEC, le coronavirus s’est pointé et on a ravalé nos espoirs en se prenant un nouveau négatif dans la tronche. Deux mois sont passés, avec des douleurs d’endométriose de plus en plus fortes et de plus en plus longues.

Nous n’avons jamais eu de messages, ou de nouvelles de notre centre et je ne me suis pas permise de les solliciter, même si je me disais qu’il serait peut-être bien de faire quelque-chose pour que mon ventre ne ressemble pas plus à un champs de bataille. Mais, je n’ai pas osé, parce que tout ça c’est rien comparé à l’épidémie qui nous est tombé dessus.

Lundi, j’ai pris mon « courage » à deux mains et j’ai envoyé un mail au secrétariat de la PMA. Un mail, pour leur expliquer que j’aurais aimé savoir s’il était possible que je fasse rapidement une piqure de Decapeptyl pour mon endométriose, piqure qui pourrait être renouveler tant qu’on avait pas plus d’info pour un éventuel TEC.

La secrétaire m’a répondu qu’elle transmettait ma demande à la médecin. J’étais contente d’avoir une réponse si rapide, et de savoir que mon mail ne s’était pas perdu dans les limbes des réseaux informatiques des hôpitaux français. La réponse ne s’est pas longtemps fait attendre. Mais elle ressemblait plutôt à une réponse automatique. En raison de la pandémie…..blablabla…..le centre est fermé……blablabla…….nous vous recontacterons pas courrier.

Et je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a mis en rage. Je ne demande pas à m’inscrire direct pour un TEC, mais juste à avoir un traitement adéquat lié à ma pathologie.

Aujourd’hui, j’ai reçu un courrier de la PMA. Celui-là, on ne l’attendait pas. Un an s’étant passé depuis ma dernière ponction, nous devons leur dire si nous souhaitons conserver nos embryons congelés. Pfff…..déjà un an de passé et seulement trois transferts d’effectué. Cela me semble tellement long. Si on continue ainsi, cette FIV va mettre deux années à aller à son terme (si les échecs se poursuivent).

Pendant ces deux mois de confinement, nous avons pu murir notre projet d’aller voir ailleurs. J’ai contacté le secrétariat du docteur Hope par mail, leur ai transmis les quelques documents que nous avions et la secrétaire m’a dit que le médecin souhaitait nous rencontrer. J’ai donné mon numéro de téléphone, il y a deux semaines, mais depuis pas de nouvelles. Je vais essayer de les relancer pour savoir s’il est possible de programmer un rendez-vous, peu importe que cela soit dans 2,3 ou 6 mois.

J’ai besoin de trouver un médecin en qui je puisse avoir confiance. Et de ne plus perdre mon temps et mon énergie à me battre contre du vent.

Cet été, on va fêter nos 4 ans d’essais, bordel de merde!

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Le gang des parents

Ils sont de retour!

Et ils sont partout!

Au secours…..

Il y a trois ans lorsque nous avons décidé de donner un coup de pouce à notre projet parental qui n’était déjà pas très bien engagé, nous avons choisi de déménager….en banlieue. Et oui, car en banlieue, on peut envisager de troquer son deux pièces exigus contre un trois pièces avec plus de 40m2.

Et dire que tous nos copains de l’époque nous ont regardé avec des yeux ronds. Quitter Paris? Jamais! Ouais, les mêmes qui maintenant sont tous partis ou sont sur le départ, avec leur bébé sous le bras ou dans un bidon bien au chaud.

Donc, nous avons trouvé cet adorable appartement en location tout neuf en proche banlieue, et tout aurait été parfait si le déménagement avait miraculeusement pu me faire tomber en cloque. Sauf, que cela n’a pas été le cas, vous vous en doutez bien.

Notre immeuble fait partie d’un ensemble de plusieurs immeubles qui sont sortis de terre presque tous en même temps. En fait c’est même toute une rue qui a été créée pour l’occasion (et ça construit encore de part et d’autre de chez nous). J’ai essayé d’imaginer le nombre d’habitants qui sont arrivés en l’espace d’une année et cela se chiffrait en plusieurs centaines. Nous étions parmi les premiers, et petit à petit des étiquettes manuscrites sont venues s’ajouter sur le mur de boite aux lettres dans notre hall d’entrée jusqu’à toutes les remplir.

Et ces gens qui sont venus vivre ici avaient tous la même idée que nous. Quitter la capitale pour avoir un logement plus grand, une chambre voir deux en plus pour loger toute la famille. Nous nous sommes retrouvés au milieu de nos clones ( trentenaires, un certain pouvoir d’achat, un peu bobo, un peu écolo) sauf que eux avaient des enfants ou en ont eu en déménageant (et ouais, faut croire que ça marche pour certains). Sauf qu’on ne parle pas juste d’un couple par ci, par là. Non, dans ma rue exit les papis et mamies, exit les familles avec enfants adolescents ou les collocs d’étudiants. Ici, on a bien affaire aux gangs des jeunes parents et comme n’importe quel gang, ils occupent leur territoire. Ils sont à la boulangerie, quand tu vas acheter tes croissants le dimanche matin. Dans ton hall d’immeuble entre 16h30 et 18h, quand c’est la sortie de l’école, de la crèche, de la garderie. Dans la rue, quand tu sors faire une petite promenade pour profiter du soleil. Et ils sont des dizaines à croiser ta route à chaque fois!

Et puis, le confinement est arrivé. On s’est mis à limiter grandement nos sorties, alors quand on allait faire notre ravitaillement hebdomadaire, j’étais abasourdie de découvrir mon quartier vidé de ses familles et donc de ses habitants. Ça faisait du bien de ne plus être confronté en permanence à ce rêve qui reste inaccessible. Quand on croisait un jeune enfant ou une poussette, la colère et la frustration grondait moins fort à l’intérieur de mon ventre.

Mais depuis quelques jours, on sentait que les bonnes vieilles habitudes étaient de retour. Déjà, de notre côté, on ne va pas se le cacher, on a profité à quelques occasions de notre heure de promenade quotidienne pour sortir prendre l’air. Et on était pas les seuls à avoir eu cette idée. Les poussettes, trottinettes et autres engins à roulettes avaient fait leur retour . En revenant des courses cette semaine, on est même tombé sur un apéro improvisé en bas de chez nous : une douzaine de parents, bière à la main en train de discuter tout en surveillant du coin de l’œil leur progéniture (qui s’en tape le coquillard des règles de distanciation sociale et se bave dessus à qui mieux mieux).

On était là devant eux, nos sacs de course dans les mains, le masque sur le visage à les regarder faire comme si rien n’avait changé. L’hallucination complète!

On a salué un couple de voisins présent, qui nous a présenté leur bébé né 3 mois plus tôt. On était super content pour eux, le confinement tombait bien. Ils pouvaient profiter d’être tous les deux à la maison pour s’en occuper et le voir grandir. Mais ils ne faisaient que râler, parce que le bébé c’est pas pratique quand tu dois télétravailler, et la crèche va pas réouvrir, et patita patata…..

Alors on s’est pas attardé et on est rentré vite fait bien fait dans nos pénates. Et on a bien fait, car en rangeant les courses, on a pu échanger quelques mots avec nos voisins de balcons. Un couple sans enfants, légèrement plus âgé que nous. On ne se connaissait pas vraiment avant ce confinement, et ces deux mois nous ont permis de faire connaissance et de se découvrir pas mal de passions communes. Alors vivement qu’on puisse discuter sans avoir de paroi entre nous.

Avec le déconfinement prévu la semaine prochaine, il va falloir nous  réhabituer à voir tous ces jeunes parents, leurs bébés et leurs bambins à chaque fois qu’on met le pied dehors. Alors je ferai comme d’habitude quand nous les croiserons, je dévirai mon cerveau et mon regard sur autre-chose et je continuerai d’avancer. Et le jour où les traitements, les mauvaises nouvelles ou l’attente seront trop durs, j’attraperai la main de Mr Patient, je la serrerai fort dans la mienne et j’essayerai de me rappeler que c’est ça le plus important dans la vie. Sa main dans la mienne.

Et peut-être qu’un jour, nous serons suffisamment chanceux pour venir grossir les rangs de ce gang.

1 an plus tard

Oui, je sais, j’ai ouvert ce blog en juillet 2018…..

Mais, ce seul et unique article de 2018 s’est senti bien seul pendant….. 9 mois (tiens 9 mois, c’est marrant ça!).

Au printemps 2018, ma gynéco m’a gentiment demandé d’aller voir ailleurs car elle ne pouvait plus rien pour nous. En vrai, elle n’a jamais rien fait pour nous, 7 ans de suivi sans avoir vu que j’étais opk (et malheureusement ça se voit sur ma tronche) ou que j’étais la candidate idéale pour l’endométriose franchement ça ne mérite pas vraiment la plaque « gynéco » toute dorée en bas de son cabinet.

Je ne pouvais pas vivre l’entrée en PMA toute seule. Alors, je me suis mise à lire des  blogs par-ci, des témoignages par-là. Et puis j’ai eu l’idée d’en ouvrir un pour pouvoir surtout exprimer quelque-part ce que je ne pouvais pas forcément raconter tout haut à mon entourage, et me sentir moins seule face à cette nouvelle étape de ma vie.

Sauf que j’avais encore beaucoup d’espoir (ou de naïveté de nouvelle pmette) et que je me voyais en cloque dès le premier traitement. D’un côté j’avais envie de partager ces moments forts et douloureux, mais de l’autre je ne me sentais pas légitime. Les médecins n’arrêtaient pas de me dire que j’étais un cas facile, alors je me disais « Tu vas voir, dans quelques mois on débute la FIV, ça va fonctionner, tu vas pas te mettre à raconter ta vie et te casser comme une voleuse 1 mois plus tard ».

Alors je continuais à consulter la blogosphère PMA, en cherchant dans les mots des autres, des sentiments et des réactions que je ne pouvais que reconnaitre.

Puis il y a eu le premier échec en janvier 2019. Je sais que tout le monde ne vit pas ce premier échec comme le pire, mais on a toute l’expérience de celui qui nous fait vriller. Et bien moi c’était celui-là, le tout premier.

Cruel, car massif. Le même jour, apprendre que la prise de sang est négative et qu’il n’y a aucun embryon congelé ça a fait très très mal. J’ai marché au radar, pendant de longues semaines suite à cela. J’ai même fait un truc inimaginable pour la froussarde que je suis, j’ai fait mon baptême en deltaplane du haut du Puy de Dôme, en me disant que si la toile ne s’ouvrait pas correctement ce ne serait pas si grave.

Cruel, car solitaire. Ce n’était plus possible de rester seule face à mes angoisses, alors j’ai fait la seule chose que je fais quand je vais mal, je me suis mise à écrire. Mais pas juste pour moi, je me suis mise à écrire pour partager avec les autres. Et ça s’était vraiment nouveau pour moi. Je ne suis pas très à l’aise avec les gens en général, alors dévoiler mes craintes, mes peines à des inconnus, ça vaut un bon saut en parachute niveau sensations fortes.

Et je ne l’ai pas regretté un seul jour.

Pour moi, cette aventure là a commencé un 30 avril 2019. Et même si j’aurais bien aimé qu’elle s’arrête le 30 mai 2019, elle m’accompagne désormais dans les cheminements que l’infertilité et la PMA me font traverser. Et même si je crains encore des coups de bambous bien massif sur le tronche, au moins je me sens bien moins seule…..

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Crise d’ado, PMA et covid

Bien manger, se reposer, prendre soin de soin, être dans l’instant présent, voila ce que toute personne en attente de réouverture des centre PMA devrait faire pour optimiser au mieux ce moment de pause.

Alors moi quand je lis cela j’ai juste envie de dire : FUCK!

Ouais, je crois que je fais ma crise d’ado de la PMA. Et le covid n’arrange pas les choses…..

Déjà que j’ai l’impression de revenir à l’été de mes 12 ans, où je pouvais passer mes journées devant Buffy contre les vampires et Une nounou d’enfer. Et oui, à chaque fois que j’allume la télévision, il faut que je retombe sur une série qui passait dans les années 90, et je me fais avoir. Je fais style que je vais regarder juste 5 minutes pour me rappeler le bon vieux temps, mais je me tape les 6 épisodes à la suite.

Et je préfère ne même pas parler des Sims, avec lesquels j’ai joué jusqu’à plus soif dans mon jeune temps et que j’ai eu la très mauvaise idée de télécharger pour m’occuper un peu. Putain, là-dedans, ils baisent une fois et la simsette est en cloque direct! Mais je continue à jouer, parce que on en a du temps à perdre en ce moment et que j’aime bien me faire du mal…..

A cela s’ajoute, un vent de rébellion qui avait commencé à souffler depuis quelques mois déjà. Tu me dis de ne pas boire, et me voilà à picoler tous les soirs. Tu me dis de faire du sport modérément et je ne choisi que des vidéos de cardio ou de renforcement musculaire intense. Si ça fait pas mal, c’est pas drôle. Tu me dis de manger sain, je remplis mes placards de biscuits apéro et de m&ms. Tu me dis de me chouchouter un peu et je regarde dédaigneusement le shampoing et le maquillage qui m’attendent patiemment dans la salle de bain.

Le pire c’est que je fais une crise d’ado à tendance punk « no future ».

Parce que je le sens moyen le retour à la PMA dans les prochaines semaines. Les hôpitaux vont avoir besoin de bras supplémentaires pendant un paquet de mois j’imagine et va bien y avoir une commission trucmuche, un conseil machinchose qui va nous dire que c’est pas sérieux de vouloir faire des bébés en ce moment et les centres resteront fermés jusqu’à ce que ça se calme vraiment (c’est à dire dans très looooooooooongtemps). Les bébés couettes eux vont pouvoir venir au monde, parce que bon ils ne vont pas stériliser tout le monde quand même. Mais nous on l’aura dans l’os!

C’est pas tout mais mes trois rejetons virtuels m’attendent. Ça fait trois fois que les services sociaux me menacent de me retirer Kevin, si je ne lui donne pas à manger. Mais ce crétin préfère jouer avec le contenu de son assiette que de l’ingurgiter. Et Beverly et Brandon sont en train de se battre dans la boue.

Bah quoi, moi aussi je peux me plaindre de mes gosses, non?

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Les connasses infertiles et la littérature

Étant en ce moment en plein dans ma phase « connasse aigrie » post échec PMA où tout est une source d’énervement, je vais aujourd’hui me pencher sur quelques lectures effectuées récemment et qui ont fait bouillir mes entrailles d’infertile.

Oui, car dans la littérature (ça marche aussi pour le cinéma), l’infertile ou la stérile (d’ailleurs elle est souvent exclusivement féminine) est souvent une connasse qui vient bien foutre le boxon dans la vie des fertiles.

Voici donc une courte sélection de livres (je compte sur vous pour l’étoffer) où nous rencontrons ce type de personnage particulièrement abjecte (je vais essayer de ne pas trop spoiler sauf le premier, là je ne peux pas m’en empêcher!):

Sans nouvelles de toi – Joy Felding

Degré de connasse infertile : 9/10

Le synopsis : Un couple et ses deux jeunes enfants part une semaine en vacances dans un club avec leurs amis. Un soir, ils décident de laisser leurs enfants dans leur chambre pour aller diner au restaurant de l’hôtel. A leur retour, leur fille de 2 ans a disparu.

Parmi leurs amis présents ce soir là, son frère et sa belle-sœur qui n’arrivent pas à avoir d’enfants. Couple instable qui finit assez vite par se séparer, la belle-sœur disparait ensuite des radars. Quelques années plus tard, l’héroïne retrouve la belle-sœur en phase terminale d’une terrible maladie (ouf, y’a une justice quand même). Celle-ci s’excuse beaucoup (hum hum….) mais l’héroine n’y voit que du feu. A la fin du roman, on apprend qu’elle et son mari ont orchestré l’enlèvement de leur nièce. Les raisons : la jalousie bien sûr ainsi que des problèmes d’argent. Mais rassurez-vous la maman retrouve sa fille à la fin. Ouf!

La fille du train – Paula Hawkins

Degré de connasse infertile : 8/10

Synopsis : Rachel est une femme seule, alcoolique et sans emploi (accessoirement infertile aussi). Alors qu’elle a été renvoyée, elle continue à prendre le train de banlieue tous les matins pour se rendre à Londres. Elle passe chaque jour devant une maison et observe ses occupants: un couple qu’elle imagine parfait. Mais un matin, elle découvre la femme avec un autre homme. Quelques jours plus tard, la femme a disparu.

Je ne vais pas vous spoiler le livre (ou le film). Je vais juste vous parler du personnage de Rachel. Je le lisais pendant ma période GEU? Fausse-couche? de l’hiver dernier et faut le dire, ça aide pas à voir la vie en rose. On apprend en effet que Rachel n’a pas toujours été ce pathétique personnage qui vit sa vie en procuration à travers les vitres de son train. Avant, elle était épanouie : une emploi stable, une maison en banlieue, en couple. Mais voila elle ne parvient pas à tomber enceinte. Les quelques pages qui parlent de cette partie de sa vie ont fortement résonné en moi. La descente en enfer qui suit aussi. Son mari la trompe puis la quitte (et fait un enfant en deux deux avec sa maitresse juste après), elle boit beaucoup, ses amis lui tournent le dos, elle perd son emploi. Bref, à ne pas lire si on a l’impression que l’infertilité risque de vous pourrir la vie. Sinon, l’histoire qui est au centre du livre est plutôt pas mal.

Un peu, beaucoup, à la folie – Liane Moriarty

Degré de connasse infertile : 6/10

Synopsis : Un barbecue entre voisins. 3 couples épanouis présents. De charmants enfants. Mais ce soir là, la soirée tranquille entre amis virent au drame…..

Parmi les couples, Erika et Oliver, qui ne parviennent pas à avoir d’enfant vs Clémentine et Sam, parents de deux charmantes petites filles. Le roman évoque notamment la relation amicale tumultueuse des deux femmes. D’un côté l’infertile psychorigide, de l’autre la maman cool et artiste. Génial! Heureusement l’intrigue va redonner un peu de saveur au personnage d’Erika.

La poursuite du bonheur – Douglas Kennedy

Degré de connasse infertile : 2/10

Synopsis : Lors de l’enterrement de sa mère, Kate Malone découvre une femme de 70 ans du nom de Sara qui souhaite la rencontrer. Celle-ci lui apprend alors que son père a été l’amour de sa vie et se décide à lui raconter son histoire.

Mes souvenirs sont un peu plus brouillés en ce qui concerne ce livre. Sara qui est la vraie héroïne du livre et qui va être frappé par la stérilité est pour une fois un personnage sympathique. Elle possède une force incroyable, qui lui permet de résister à tous les coups du sort qui l’affligent (et y’en a un paquet).

Voila, j’ai préfère finir sur une note un peu plus optimiste. Car oui, on peut être infertile, aigrie, jalouse, enragée, désespérée et quand même être quelqu’un de bien!

Je n’ai qu’une chose à dire aux auteurs qui nous font douter de cela :

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Couvade et covid (2)

J8 : J’entame ma deuxième semaine d’attente et les premiers jours de confinement avec une relative bonne humeur. J’ai envie de croire que les symptômes que je ressens : légère nausée, fatigue, quelques légers tiraillements dans le ventre sont ceux de la grossesse qui s’installe. Le soleil qui perce derrière les nuages me met du baume au coeur et j’ai une grande chance de pouvoir en profiter sur notre balcon. Je passe la journée à préparer « la continuité pédagogique » pour mes élèves. J’appelle les familles et c’est agréable de pouvoir parler avec chacune d’elles. Je m’inquiète vraiment pour mes élèves que je sais confinés dans de tous petits appartements avec parfois 5, 6, 7 personnes ensemble, et pas forcément grand chose de plus que la tablette ou la télé pour passer le temps….

J9 : Je discute une bonne heure avec ma copine enceinte, elle me dit qu’elle donnerait tout pour avoir mon appartement et son balcon. Je lui réponds du tac au tac que je donnerais tout pour avoir ce qu’elle a dans son bidon. Dans l’après-midi, Mr Patient sort pour aller faire quelques courses. J’hésite à l’accompagner. Mais la raison l’emporte. Limitons les risques de contamination pour nous et les autres. Et tous les soirs, désormais c’est rendez-vous à 20h sur les balcons et aux fenêtres pour applaudir les équipes médicales pour tout ce qu’elles font pour nous. J’en ai les larmes aux yeux.

J10 : Après une nuit entrecoupée de cauchemars plus ou moins liés au confinement, je me lève d’humeur maussade. Je passe ma matinée avec un nuage noir au-dessus de la tête. Je n’ai envie de rien. J’essaye de me mettre au travail pour me changer un peu les idées. Mais je ne suis pas très efficace. La journée passe finalement assez rapidement avec cette routine à laquelle je m’astreins. Travail le matin. Repos après déjeuner, puis encore un peu de travail. En fin d’aprem, sport et cuisine. Et le soir, c’est simple je tombe comme une mouche passée 22h !

J11 : C’est ma première sortie depuis le début du confinement. Je vais acheter du pain pour les prochains jours (et des croissants tant qu’à faire), c’est calme dans les rues mais pas autant que je le pensais. De ma fenêtre la vie semble totalement au ralenti. Quelques mails à répondre même si nous sommes samedi, ça occupe un peu et un temps conséquent au téléphone pour maintenir un semblant de vie sociale. En fin d’aprem, j’apprends la bonne nouvelle pour mes deux copinautes. Trop contente pour elle. Mais du coup, l’envie de faire moi aussi ce test est decuplée. Bon, en même temps je ne peux pas faire grand-chose là maintenant un samedi soir de confinement. Mais je commence à me demander si je n’irais pas faire un tour au labo dès lundi matin…..

J12 : Réveillée par des douleurs de règles, je traine ma tristesse pendant toute la journée et je scrute ma culotte à chaque passage aux toilettes. Même si je n’ai rien, je sais que parfois les douleurs arrivent 24h avant les premiers saignements. Fataliste et désabusée, je me trouve stupide de m’être accrochée aux symptômes que j’ai ressentis depuis le transfert et qui continuent encore aujourd’hui : nausée, tiraillement ou mal de ventre, fatigue…. Impossible pour moi d’attendre plus longtemps pour avoir le verdict, j’irais faire ma prise de sang demain matin.

J13 : Réveil tôt avec de légères douleurs de ventre, mais pas encore de trace de sang même après avoir mis mes deux ovules de progestérone. J’appelle le laboratoire. Ils sont bien ouverts jusqu’à 13h. Il est 8h, ça va, je suis large. J’envoie mon petit mail à mes élèves à 8h30 tapante et je me prépare pour aller au labo. J’ai une tenue spéciale pour les sorties, je me changerai à mon retour. Je glisse masque, gants, autorisation de sortie et ordonnance dans un sac. Dehors, il fait très beau mais bien froid. Il y a la queue devant le bureau de tabac, mais le reste des commerces est fermé. Au labo, une personne devant moi. On me demande tout de même de prendre un ticket et donc d’appuyer sur un bouton touché par des milliers de personnes. Génial ! La prise de sang est rapide. Et le résultat ne tarde pas non plus.

A 12h30, on ouvre le fichier, le cœur qui tambourine dans nos poitrines. Un battement se perd en chemin. C’est négatif. Encore. Même pas un petit soupçon d’accroche malgré les symptômes, les espoirs qui ont découlé de la fausse-couche (ne dit-on pas qu’on est plus fertile après ?) et les chances de réussite qui aurait dû frôler les 100 % avec cette quatrième tentative. Non, un beau 0.2 dans la gueule. Je peux barrer le mot couvade de mon titre. Maintenant c’est échec et confinement que je vais devoir apprendre à cumuler.

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