Creuse toujours….

Y’a eu tellement de moments où je pensais avoir touché le fond ces cinq années, tellement de claques recues, de chocs à encaisser, de crise de larmes et d’explosion de colère, et de moments d’absolu incrédulité que je me disais que cela ne pourrait pas être pire et qu’après cela la roue tournerait, qu’on remonterait la pente, que ça serait à notre tour de vivre de jolies choses.

Mais ce moment ne vient toujours pas et la vie nous réserve toujours de bien mauvaises surprises.

Cette semaine j’ai eu un soucis de santé, pas grave mais douloureux et handicapant, quelques jours après le transfert de notre sixième embryon. Avant d’aller chez le médecin samedi et dans l’hypothèse où il me faudrait peut-être prendre des médicaments, j’ai fait un test de grossesse qui s’est avéré négatif. Mon rendez-vous chez le médecin s’est transformé en journée aux urgences. J’ai vécu une intervention douloureuse et une prise en charge dans la précipitation. Et quand nous avons cherché une raison à ce problème médical, le chirurgien m’a juste répondu « c’est la faute à pas de chance ». De retour chez moi, il a fallu encaisser cette affreuse journée et prendre les décisions qui s’imposent. Il n’y aura pas de dernier transfert avant les congés d’été. Cela génère trop de stress et d’incertitude et là tout de suite j’ai juste besoin de laisser mon corps et mon esprit souffler.

J’ai l’impression que ma vie est un tunnel sans fond, avec simplement des cavités plus ou moins petites dans lesquelles je peux me recroqueviller quelques instants pour souffler avant de continuer à creuser toujours plus loin.

No Escape Destiny GIF - Find & Share on GIPHY

FIV 2 – tec 5 : un peu de changement

Allez on oublie le dernier négatif et on se remet en selle. Vendredi dernier, c’est le retour des règles, et donc un petit mail à Hope. La secrétaire de la gynéco a été top et m’a trouvé un rendez-vous une semaine après, pendant la pause méridienne.

Hope me propose alors un peu de changement dans notre futur protocole. On fera un transfert sur cycle naturel. Je suis tombée enceinte spontanément l’année dernière, alors pourquoi pas tenter la chose avec mes propres hormones. On rajoute le fameux Aspégic nourrisson dont j’ai souvent entendu parler et nous voila avec un protocole tout beau, tout neuf!

J’aime bien que ça change un peu, mais je mets peu d’espoir dans les deux derniers transferts de cette FIV. Sur quatre embryons J5, une fausse-couche précoce et 3 négatifs, c’est la loose. Il m’en reste deux, je ne sais pas quelle est la qualité de ces embryons et je m’en tape un peu. Vu que les supers beaux n’ont rien donné, pourquoi ceux-là s’accrocheraient?

Je me projette plutôt sur une prochaine FIV à la fin de cette année. D’ici là, Mr Patient doit se faire opérer pour une varicocèle. Je pense que ce sera la FIV de la dernière chance avec nos propres gamètes. On a commencé à parler de la suite avec Mr Patient. Il avait l’air super inquiet de ce que j’entendais par « la suite », « genre une mère porteuse? » m’a t’il demandé. Ca m’a fait bien rire, parce que cela me semble un peu de la science-fiction La gestation pour autrui, n’est absolument pas dans mes projets. Outre le fait que cela remue beaucoup de choses éthiquement, nous n’aurions jamais les moyens d’y avoir recours. Par contre, cela fait quelque temps que je chemine concernant le don de gamète, notamment d’ovocytes. Je n’ai aucun problème avec le fait d’avoir un enfant qui n’ait pas les mêmes gènes que moi (et les diverses pathologies qui y sont associées). Bien sur, tout ceci devra être discuté plus sérieusement, et avec un accompagnement psychologique si nous deviens poursuivre sur cette voie. Mais quand je laisse parler mon instinct, j’ai l’impression que c’est ça qui pourrait fonctionner un jour.

D’ici là, on va essayer de donner une chance à ce cinquième embryon et on va commencer à mettre des sous de côté pour le plan C.

Retire Conor Mckenna GIF by FoilArmsandHog

FIV 2 – TEC 4 (la fin du commencement)

Mi-avril, nous avons pu faire ce quatrième transfert et hier j’ai reçu la confirmation que je n’étais toujours pas enceinte.

Mince alors, pourtant les astres semblaient alignés (bon j’ai toujours l’impression que c’est le bon moment là, la tout pile maintenant pour que ca fonctionne) : Mon grand frère ayant enfin procréer, ce devrait être mon tour maintenant vu que je suis la deuxième de la fratrie. Cette grossesse serait arrivée pile 9 mois après ma deuxième fausse-couche, dont le début de grossesse était arrivée 9 mois pile après ma première fausse-couche. Les travaux étaient terminés dans la chambre à bordel (pas de meilleur nom ni utilité pour le moment) et on avait bien envie d’en fait quelque-chose de cette pièce. Et ce bébé aurait pu arriver à l’automne, tout comme mes copines en 2019, puis 2020.

Mais non, fuck les astres ne sont jamais alignés pour moi….

Mais reprenons tout cela où je m’étais arrêtée après le rendez-vous foireux chez Hope où nous avons failli annuler ce transfert.

L’organisation de celui-ci a donc rimé avec stress pour moi. Nous avions une fenêtre de tir vraiment précise, et je craignais le petit grain de sel qui aurait tout fichu par terre.

Mr Patient est donc parti effectuer sa mission pour le boulot à l’autre bout du monde (le veinard) et devait rentrer 36h avant le transfert. Sauf que n’avions pas pensé à la réalisation du test COVID….Celui qu’il devait effectuer pour son vol retour était un jour trop tôt pour l’hôpital. L’idéal étant qu’il réalise celui-ci le jour où il était dans l’avion…. pratique non?

Je lui ai donc pris rendez-vous la veille de notre transfert au labo de l’hôpital au petit matin, avec le risque que les résultats ne soient pas disponibles le lendemain matin. Et j’ai serré les fesses jusqu’à la réception des résultats. Là, j’ai enfin pu me détendre un peu.

Les jours suivants le transfert, j’ai eu une totale absence de symptômes et toujours cette psychose de savoir si ce qu’on fait est bien ou pas….J’étais en vacances, c’était chouette car je pouvais avoir un rythme cool, mais d’un autre côté c’est aussi compliqué car mon esprit a tendance à être obnubilé par cela. Surtout que les distractions sont peu nombreuses en ce moment. Mais je ne vais pas trop me plaindre car ce temps d’attente post-transfert ne fut pas le plus compliqué à gérer.

Je devais faire mon test ce lundi, jour de rentrée. Pas franchement génial pour bien commencer la nouvelle période! Mais j’ai commencé à psychoter le vendredi et samedi je suis allée acheter un test à la pharmacie. Je l’ai fait le dimanche et il s’est avéré négatif. Ça m’a laissé dépitée, plus que triste ou en colère. J’ai repensé à tout ce qui a été fait depuis un an pour maximiser les chances que cela fonctionne enfin et au stress de ces dernières semaines et je me suis dit « Voila, tout ça pour ça…. »

Hier, la prise de sang avec un magnifique 0,2 a bien confirmé que je n’étais pas enceinte. Comme dirait Mr Patient en regardant les valeurs de références « même un mec peut avoir un taux de bhcg plus élevé que le tien ».

Et puis y’a un truc qui me turlupine depuis quelques jours. Travaillant dans une école, j’ai pris connaissance du énième nouveau protocole sanitaire. Celui-ci stipule que nous n’avons plus le droit de brasser les élèves des différentes classes, ce que je comprends tout à fait vu la situation sanitaire mais qui me semble vraiment complexe à gérer au sein des écoles. Les écoles sont souvent confrontées à un manque de remplaçant, donc lorsqu’un enseignant est absent, les élèves sont très souvent répartis dans les autres classes pour une heure, un jour, une semaine voir plus…. Je case le maximum de mes rendez-vous médicaux en dehors des heures de classe, mais les contrôles PMA avec Hope sont en milieu de matinée, je ne peux rien y faire. Et du coup je vais faire quoi de mes élèves moi s’ils ne peuvent plus aller dans les autres classes? Parce que si y’a pas de remplaçant pour les profs en arrêt maladie, y’en a encore moins pour ceux qui prennent 1h pour aller à un rendez-vous médical….

Pendant un quart de seconde, je me suis dit que vu la situation il me faudrait peut-être repousser le prochain transfert à cet été et puis je me suis reprise. J’y ait le droit à ces absences. C’est déjà suffisamment injuste de devoir passer par la PMA, alors si le système n’organise rien pour que cela puisse se faire, ce n’est pas à moi de pallier les problèmes de ce système là. Et puis, qui sait ce qu’il en sera cet été ou à la rentrée ? Je ne vais pas attendre que l’épidémie se calme pour essayer de procréer….

Et puis le mois prochain je fête mes 35 ans. Autant dire que la ménopause guette….

Very Funny Oops GIF by America's Funniest Home Videos - Find & Share on GIPHY

FIV 2 – TEC 4 (le début du commencement)

Fin mars, je suis retournée chez Hope pour voir où nous en étions côté ménopause. Mr Patient m’accompagnait pour faire le point suite à ses examens.

Je me prépare pour l’écho pendant qu’ils discutent tous les deux. La gynécologue me rejoint tout en continuant sa conversation avec mon conjoint. Hope qui s’est transformée en Lucky Luke (la gynéco la plus rapide de l’Ouest), m’examine en un temps record et me lance un « Parfait! On va pouvoir faire le transfert. vous n’avez rien de prévu ces prochaines semaines? ». Je sens bien que sa question est plus pour la forme qu’autre chose. Après plus d’un an depuis notre dernier TEC et en plein confinement, il y avait 99% de chance que je lui réponde « bien sur que non, on y va ».

Sauf que ben y’a un hic.

Mr Patient doit partir en voyage professionnel mi-avril. 1er Aie!

Et il part dans un pays tropical! 2e Aie!

Cela ne plait pas du tout à Hope. Les dates de ce voyage tombent pile pendant le transfert. Et en plus, il y a le risque Zika. Donc même si Mr Patient revenait un ou deux jours plus tôt, le transfert ne pourrait pas avoir lieu. Donc il faudrait le reprogrammer le mois prochain. Tout en nous expliquant cela, elle a édité les ordonnances, pris ma carte vitale et fait chauffer ma carte bleue. On se retrouve dans le couloir du cabinet en moins de deux, un peu sonné par la rapidité et la tournure de ce rendez-vous. On doit revenir vers elle d’ici demain, pour lui dire ce qui se passe. Annulation du voyage professionnel et TEC ce mois-ci ou troisième piqure d’Enantone et TEC le mois prochain.

Je suis sonnée et chamboulée. Je sais que Mr Patient ne peut pas annuler son voyage, mais la perspective de poursuivre la ménopause et repousser ce transfert m’est insupportable. Alors je lui en veux. C’est stupide, mais c’est comme ça. Et je m’en veux de lui en vouloir. Parce que tout cela, c’est avant tout une histoire de pas de bol. Mr Patient kiffe son boulot, notamment car cela lui permet de voyager aux quatre coins du monde. Sauf que depuis un an et demi, c’est la Bérézina pour lui. Et là, une super opportunité s’offre à lui. C’est le coup de 4 jours, mais placés au pire moment pour nous. Et cette histoire de Zika me fait flipper. Et si cela devait repousser la prochaine tentative de plus d’un mois?

Je retourne bosser en ravalant mes sanglots jusqu’à 16h30. Mr Patient appelle les biologistes de l’hôpital l’après-midi même, pour leur exposer la situation. Et là, super nouvelle. Le pays où il va aller n’est pas touché par Zika. Je découvre la bonne nouvelle à la fin de ma journée de travail. Je suis soulagée, mais reste bloquée dans un mécanisme de tristesse et de colère.

Le soir même, on discute de tout cela avec Mr Patient. Je suis confuse et n’arrive pas à exprimer mon ressenti et lui essaye tant bien que mal de m’apaiser. On refait le film du rendez-vous et il me dit qu’il y a une question à laquelle la gynéco n’a pas répondu. Est-il possible de repousser le transfert de un ou deux jours? Il me pose la question à moi et je hausse les épaules. « Si le médecin ne nous l’a pas proposé, c’est que cela ne doit pas être possible » je lui réponds. Moi et mon incroyable confiance dans le personnel médical 🙄….

Pour en avoir le cœur net, il décide d’appeler le médecin le lendemain matin. La secrétaire lui apprend alors que la gynécologue fait ses transferts le jour qui nous a été proposé, et parfois d’autres jours dans la semaine. Ce n’est donc pas en fonction de mon traitement mais de son emploi du temps que cette date a été proposée. Et miracle, il semblerait qu’il y ait encore de la place deux jours plus tard. La secrétaire va vérifier si la gynéco est ok pour nous faire le transfert ce jour là. On attendra la réponse une bonne partie de la journée et à 17h, le graal tombe! La date a été acceptée, je peux commencer le traitement. Mais on repassera pour le côté zen, hein……

Depuis quelques jours, je reprends donc ma petite routine pmesque. J’ai serré les fesses, la semaine dernière après l’annonce du confinement. Je m’attendais à ce qu’on m’annonce que les FIV, TEC soient annulées, mais pas de nouvelles les jours suivants. Ok, on continue sur notre lancée alors.

Et puis, la semaine dernière, des travaux ont commencé chez nous suite à un dégât des eaux qui avait eu lieu en en décembre 2019, en plein pendant ma première fausse-couche. Les dégâts étaient notamment localisés dans la chambre qui pourrait un jour devenir celle d’un enfant. Alors voir cette chambre, vidée de son bazar et refaite à neuf, je me disais que c’était peut-être bon signe. Bon, le truc un peu moins sympa, c’est que le deuxième jour des travaux, un nouveau dégât des eaux s’est déclaré chez notre voisin et a pourri une autre partie de l’appartement.

Je me demande parfois si tout ce qui arrive depuis quelques années ne serait pas une histoire de karma merdique….

Angry Schitts Creek GIF by CBC - Find & Share on GIPHY

PMA et joyeusetés administratives (2)

Depuis un mois, nous avons bien avancé sur ce point là.

Côté mutuelle, après avoir râlé plusieurs fois, j’ai obtenu l’activation de la télétransmission. Wouhou!

Et surtout nous avons enfin déménager nos embryons cette semaine! Double Wouhou!

Et je peux remercier M. Patient d’avoir géré cette drôle de journée. Quand il m’a vu m’énerver et pester contre notre ancien centre, parce que :

  • ils ne sont jamais joignables
  • ils ne nous avaient pas communiqué la bonne adresse mail pour leur faire parvenir la demande de notre nouveau centre
  • nous attendions par mail des papiers demandés par le nouvel hôpital et ils n’ont jamais pensé à nous dire que ces papiers nous seraient donnés en main propre lors du transfert des embryons.

C’est lui qui a pris les choses en main. Et une semaine plus tard, nous avions une date de transfert, un thermos réservé et un planning parfait pour moi. Je n’ai plus eu qu’à suivre le mouvement.

Mercredi en fin de matinée, il est allé cherché le thermos et nous nous sommes retrouvés au CECOS de l’ancien hôpital après ma matinée de travail. Ça faisait bizarre de traverser ses couloirs pour la dernière fois. Arrivée dans le service vide à cette heure de la journée, je me présente à l’accueil et Mr Patient me rejoint quelques minutes plus tard. Vu le regard perplexe du médecin que je rencontre, je ne suis pas sûre que le rendez-vous fixé ait été transmis à qui que ce soit. On patiente une première demi-heure avant d’être reçu par un interne qui trimballe notre dossier avec elle. Elle le feuillette pour trouver les documents dont on va avoir besoin. Tout est mélangé là-dedans. Et la recherche prend des plombes car l’interne s’y perd et revérifie tout, quatre ou cinq fois. On finit par trouver tout ce qui nous intéresse et elle part prévenir les biologistes de préparer le thermos. Encore une attente d’une quarantaine de minutes. Une personne nous apporte enfin notre précieuse cargaison et nous donne les dernières recommandations. Avant de nous laisser partir, elle nous demande pourquoi nous quittons ce centre. On expose brièvement nos griefs : les galères liées au secrétariat, le manque de communication patient – médecin, le temps d’attente entre chaque protocole et surtout les protocoles standardisés. On tait les quelques maladresses du personnel médical. La PMA c’est clairement l’usine là-bas, pour les patients et le personnel. Et on se souviendra de la gentillesse et de la prévenance des infirmières en toute occasion.

On se dirige vers le métro, là où nos chemins vont se séparer. Mr Patient retourne au travail et c’est à moi de ramener nos embryons dans leur nouveau bercail. Dans le métro qui me conduit à l’autre bout de Paris, je m’autorise à espérer à nouveau. Et si l’un de ces embryons était le bon? On en aurait des choses à lui raconter sur son histoire, avant même sa naissance.

Après une bonne quinzaine de minutes de marche, je découvre notre nouveau centre. Le standing n’est pas le même. J’ai l’impression d’entendre ma carte bancaire pleurer dans mon sac. La petite boule au ventre que j’avais depuis plusieurs semaines disparait enfin quand le médecin me dit que tout est bon pour eux et que je peux partir. Cette étape était vraiment importante pour moi. Ca y est, on y retourne vraiment!

Je revois Hope dans quelques jours. On fera le point sur les deux mois de ménopause artificielle et sur la suite….

Forest Gump GIF by memecandy

PMA et joyeusetés administratives

Depuis 2-3 mois maintenant je suis engluée dans toute un tas de démarches administratives liées à la PMA. Or, je déteste l’administratif. Je suis même à la limité de la phobie administrative (sauf que je paye mes impôts, moi, hein!) et l’autruche que je suis n’a pas trop le choix. Si je veux faire avancer un peu les choses côté médicales, il va falloir mettre le nez dans tous les papelards.

Ca a commencé en novembre, après mon hystéroscopie, lorsque je me suis rendue compte de la nullité de ma mutuelle. Alors, bon, je ne vais pas mentir, je le savais depuis pas mal de temps que ma mutuelle était pourrie et ne me remboursait rien, mais l’autruche qui sommeille en moi avait préféré regarder ailleurs et continuer à payer cher pour pas grand-chose. Après le premier rendez-vous avec Hope, Mr Patient avait presque été remboursé entièrement par sa complémentaire, alors que la mienne ne m’avait rien remboursait et pire m’avait pris de l’argent sur le remboursement de l’assurance maladie (récupération de participation forfaitaires précédentes). Travaillant dans la fonction publique, j’avais jusque-là assurance maladie et mutuelle gérée par le même organisme. A ce moment là, j’avais eu un sursaut de courage et j’avais changé la formule de soins tout en restant avec la même mutuelle afin d’avoir un meilleur remboursement surtout sur les dépassements d’honoraires. Je sentais que cela me serait utile dans les prochains mois….

Sauf que je n’ai jamais vérifié ce changement les mois suivants et je me suis rendue compte après avoir envoyé ma demande de remboursement lié à l’hystéroscopie en novembre dernier que celui-ci n’avait jamais été mis en place. De toute façon, à ce moment là j’avais commencé à étudier un peu plus en détail ce qui correspondait à tous ces 100%, 125%, 200% etc….sur mon contrat grâce notamment au super article du site fiv.fr sur le choix d’une bonne complémentaire en PMA. Et même avec le changement, le taux de remboursement restait vraiment anecdotique. Quitte à payer cher une mutuelle, autant avoir des remboursements corrects.

J’ai donc profité du passage de la loi du 1er décembre 2020 pour faire ce changement de mutuelle et m’ajouter à celle de mon conjoint. Je voulais pouvoir en profiter au moment de mon opération, vu les dépassements d’honoraires communiqués. Sauf que rien n’a été simple et je me suis retrouvée à passer tout le début d’année au téléphone avec l’une et l’autre. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais j’étais presque dégoutée de quitter mon ancienne mutuelle vu les galères rencontrées avec la nouvelle….heureusement, les remboursement eux sont à la hauteur. Vu les sommes engagées ces dernières semaines, je me dis que je ne me suis pas battue pour rien, mais cela nous a valu pas mal de tension et d’engueulade avec Mr Patient et pas mal de stress de mon côté.

Début février, nous avons revu Hope. On a fait le point sur les derniers examens faits et comme pour elle tout était ok, elle a lancé le go pour un nouveau protocole. Youhou! Je ne m’y attendais pas du tout. Petite montée d’adrénaline à la sortie du rendez-vous, car je dois faire une prise de sang sur le champ pour voir si je peux débuter la ménopause artificielle. On a un peu dépassé les 20 jours depuis le début de mon cycle, mais celui-ci étant irrégulier cela peut être jouable. Et ça l’est!

Mais qui dit nouveau protocole, dit aussi nouveau dossier à l’hôpital où elle travaille et organisation du déménagement de nos embryons congelés. La secrétaire d’Hope m’envoie ce fameux dossier à compléter et à envoyer par mail à l’hôpital. Il y a une petite vingtaine de documents à remplir ou retrouver et à leur envoyer avant de pouvoir finaliser le dossier. Je m’y attèle fissa le weekend suivant. Je contacte ce nouveau centre et le précédent. J’arrive même à les avoir tous les deux par téléphone, la même matinée. Petit exploit personnel, quand on sait à quel point il peut être compliqué de joindre un centre de PMA (en tout cas, c’était comme cela dans mon ancien centre). Je suis en vacances fin février, et aimerait pouvoir faire le déménagement à ce moment là, surtout que je vois qu’il faut être les deux présents lors du retrait et du dépôt des gamètes. Mouah ah ah….mais comment puis-je encore croire que tout se fasse comme je vais l’imaginer…..?!

Je viens tout juste de recevoir l’accord du nouvel hôpital pour accueillir nos embryons, ils ont été rapides, super! Même si je ne crois pas deux secondes que tout va bien se goupiller et pouvoir être fait d’ici 5 jours. Il faudra donc que je m’absente encore sur le temps scolaire, et cela ne m’enchante guère….à part si les deux centres sont ouverts le mercredi après-midi jusqu’à 18h (je rêve bien sur!). En regardant un peu plus en détail le document envoyé, je vois qu’il y a plusieurs conditions pour l’accueil de nos embryons. Il est notamment précisé « les sérologies du couple valables au moment de la congélation ». Brans-le bas de combat! La ponction pour cette FIV remonte à mai 2019, bientôt 2 ans. Je ne me rappelle pas du tout avoir fait ces sérologies et quand. Je ratisse mon classeur PMA, mes dossiers sur ordinateur, mes mails. Je n’ai pas ces sérologies avec moi, ça c’est sûr (l’année dernière mon PC puis mon disque dur externe m’ont lâché en quelques semaines…). Grrr….j’espère que l’hôpital les ont et nous les communiqueront. Sinon….alors là….je botte en touche….

Bref, j’ai pas fini de stresser avec tout cela. Mais c’est un peu le lot de la PMA de stresser pour tout un tas de trucs….

Allez, y’a tout un tas de papier autres que la PMA qui m’attendent pour être triés et rangés depuis des mois. J’avais prévu de le faire cette après-midi, mais avec ce beau soleil, ce serait vraiment pêché de ne pas en profiter. Les papiers, je m’en occuperai plus tard…..

Money Tips GIF - Find & Share on GIPHY

« pimpage » d’utérus

Je ne sais pas si quelqu’un se souvient de cette émission qui passait sur MTV « Pimp my ride » ou des mécanos s’amusaient à retaper de vieilles bagnoles toutes pourries en extravagants bolides. J’ai appliqué ce concept à mon utérus en début de semaine.

Pour faire plus scientifique, il s’agissait d’une hystéroplastie d’agrandissement, suite à la découverte de mon utérus en T en novembre dernier. Après avoir pris rendez-vous avec le chirurgien, puis l’anesthésiste, m’être fait trifouiller le nez et avoir sorti mon chéquier un plus grand nombre de fois en une semaine que ces 5 dernières années, j’ai délaissé ma classe pour aller me faire charcuter l’entre-jambe (encore).

Moi la flippée des hôpitaux, du sang, du médical, j’ai fais mon admission dans cette clinique inconnue sans broncher. Je ne peux tout de même pas dire que j’étais détendue. Une angoisse m’étrillait le ventre, que le chirurgien me dise au réveil que mon utérus était encore plus moisi qu’il ne le pensait et qu’il ne pourrait jamais accueillir aucune grossesse viable. L’attente avant de passer au bloc fut longue et sans aucun artifice pour occuper mon esprit. Puis tout s’est enchainé. Quelques paroles légères échangées avec le brancardier (ils doivent avoir une formation pour détendre les patients), une dizaine de pichenettes sur la main de la part d’une infirmière avant de poser la perfusion, un échange de regard inquiet avec une femme sur une brancard face à moi. Puis l’arrivée dans la salle d’opération, l’installation sur la table où je me mets à grelotter sans réussir à me contrôler. On m’injecte le produit anesthésiant avant de me passer le masque et je sens une brulure très désagréable remonter de ma main à mon bras gauche, puis black-out. Le réveil se fait rapidement, et je remonte très vite dans la salle commune où je vais pouvoir finir mon réveil et prendre une petite collation avant de rentrer. Je n’ai pas de douleurs, c’est déjà ça! Le chirurgien m’apporte rapidement le compte-rendu d’opération et reste avec moi 1min30, 2 minutes à tout casser. Tout est bon pour lui. Il a fait un peu plus de place dans la cavité et a retiré le mini polype qui le squattait. Il me dit que je peux reprendre une vie normale dès le lendemain, ce qui signifie retour au travail après de mes élèves une quinzaine d’heures après anesthésie générale. Je trouve cela un peu rapide mais bon, on va faire comme le monsieur dit et si douleur ou grosse fatigue, j’irais voir un médecin traitant le lendemain (ce ne fut finalement pas le cas – même si je n’étais pas à 100% de mes capacités). Je finis mon heure de surveillance et peut enfin aller me rhabiller. En sortant de la cabine, j’entends une voix familière. C’est Mr Patient qui est venu me chercher, timing parfait!

Je ne sais pas vraiment quoi attendre de cette intervention. L’utérus en T ne peut pas expliquer les échecs d’implantation ou les fausses-couches précoces que j’ai vécues. Ce petit lifting de ma cavité utérine me rassurera dans le cas où une grossesse survenait un jour et passait le cap des 3 mois. Mais avant d’en arriver là, la route risque d’être encore bien longue….

On a eu dans la foulée, une nouvelle date de rendez-vous avec Hope. Vu mes résultats et ceux de Mr Patient suite aux derniers examens faits, je pense que ce rendez-vous risque d’être bien corsé. Verdict dans quelques jours…..

Cmt GIF by I Love Kellie Pickler - Find & Share on GIPHY
Ouais, on peut toujours rêver….

Blue monday un peu en avance

Je viens de regarder quand tombait le blue monday cette année. Et sans surprise, vu mon moral de ces derniers jours, j’ai découvert qu’il était prévu dans 3 jours.

Il faut dire que janvier rime pour moi avec début du premier protocole PMA et cette année on va pouvoir sortir une deuxième bougie. Damned! On le sait, les anniversaires sont souvent l’occasion de faire le point sur l’année écoulée. En ce qui nous concerne, elle fut bien…..vide. Un transfert en mars, un négatif, une grossesse inattendue et une fausse-couche en octobre. Clairement, nous n’avons pas boudé la pause estivale, mais l’arrêt des traitements lors du premiers confinement fut rude et se remettre en selle après la fausse-couche n’est pas non plus une partie de plaisir.

Il faut dire que les résultats de l’hystéroscopie m’ont pas mal chamboulé. Pour mettre toutes mes chances de mon côté si une grossesse repointe le bout de son nez, j’ai opté pour l’opération qui aura lieu à la fin du mois de janvier. Mais il n’y a aucune garantie sur le fait que cette opération améliorera nos chances de fertilité surtout lors de l’implantation. Et j’angoisse d’une autre mauvaise nouvelle à l’issue de cette intervention et qu’on m’annonce que mon utérus est tout pourri et ne pourra jamais accueillir une grossesse.

Début janvier, je suis allée faire les tests sanguins et génétiques demandés par notre gynécologue. Je n’ai pas compris grand chose aux résultats. J’ai simplement noté que mon homocystéine était légèrement supérieure à la normale. Il me semble avoir lu que cela pouvait avoir un lien avec le gêne MTHFR, mais lorsque j’essaie de décrypter le reste des analyses ou que je commence à lire des informations sur ce sujet, je me sens vite dépassée. J’attendrais donc le rendez-vous avec Hope pour en savoir plus.

Mon conjoint aussi a fait ses examens, mais nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que ses résultats ne seront disponibles que dans plusieurs semaines (ni le labo, ni Hope nous avait prévenu d’un délais aussi long). Or nous avons notre rendez-vous avec elle la semaine prochaine. Coup de massue. J’attends ce rendez-vous depuis 3 mois. Nous avons demandé à sa secrétaire s’il était possible de le reporter début février, ce qui serait pas mal car j’aurais eu mon opération. Par contre, hors de question d’attendre encore 3 mois pour la voir. Nous attendons donc sa réponse avec impatience.

Je sais que les examens ne sont pas finis pour nous. j’aurais normalement une hystéroscopie à refaire un mois après l’opération donc fin février. Et si on découvre quelque-chose chez mon conjoint ou si un souci niveau génétique est avéré chez moi, ce seront encore des traitements ou des examens à planifier.

Bref….on ne va pas refaire de transfert avant plusieurs mois….et cette attente qui dure me déprime. Sans parler de l’espoir d’avoir un jour une grossesse viable qui s’envole au fur et à mesure des problèmes qui sont découverts…..

Frustrated Charlie Brown GIF - Find & Share on GIPHY

Quantité négligeable

La nouvelle année est là depuis 2 jours.

Et j’ai déjà le cafard.

Et celui que je peux remercier pour cela n’est autre que mon paternel.

Notre histoire est compliquée, depuis un paquet d’année maintenant. Nous ne sommes pas très proches, on doit se voir une ou deux fois par an et c’est souvent pour moi des moments pénibles. Je me souviens d’un noël où mes frères m’avaient abandonné et où j’étais allée seule le voir, lui, sa nouvelle compagne et sa très grande famille. Mon père ne m’avait pas adressé la parole de la journée et avait préféré discuter avec les enfants de sa femme, qu’ils voyaient très régulièrement. Ou de son remariage, ou Mr Patient et moi, étions relégués à l’extrémité de la longue et unique table alors que mon frère était assis à ses côtés.

Et 3 ou 4 fois dans l’année, il m’envoie un SMS pour prendre de mes nouvelles. Mon père est parfaitement au courant de notre parcours PMA depuis le début et montre parfois qu’il s’y intéresse ce qui ne l’empêche pas d’être des plus maladroits.

Lorsque j’ai fait ma première fausse-couche en 2019, et que j’étais en pleine détresse ne sachant pas si je devais redouter une grossesse extra-utérine il m’avait envoyé l’un de ces fameux message pour prendre des nouvelles. Et sa réponse face à ma détresse était comme un bon uppercut en plein menton.

Cet été, je devais aller le voir avec mon frère. Mais lorsque mon frère m’a appris la grossesse de sa femme et qu’il ferait l’annonce à mon père à ce moment là, et vu ce qui c’était passé chez ma mère, j’ai préféré annuler ma venue. Pas envie de faire un deuxième KO en l’espace d’une semaine.

Et puis je suis tombée enceinte et j’ai fait une fausse-couche en octobre. Et bam! Nouvel SMS quand je suis au plus mal. Je lui déballe tout dans mon texto. Pas de réponse. Un jour, deux….une semaine passent et je fulmine. Comment mon père peut-il laisser ce genre de message sans réponse…..

10 jours après, je vois enfin son nom apparaitre sur mon téléphone. J’ouvre le SMS et le lis en diagonale. C’est son traditionnel message d’invitation pour Noël. Je reste interloquée et me garde bien de lui répondre.

Fin novembre, un numéro que je ne connais pas m’appelle. Je ne me méfie pas et répond. J’ai mon père au bout du fil, il vient me relancer pour le repas de Noël. Je l’arrête tout de suite et lui demande pourquoi il n’a jamais répondu à mon dernier message. Il bredouille, m’explique qu’il ne savait pas quoi dire. Je l’engueule et essaye de lui expliquer que c’est horrible ce qu’il m’a fait subir. Mais je sais très bien que c’est peine perdue.

Alors ce midi, j’ai pris sur moi et je suis allée accompagnée de Mr Patient chez mon frère qui avait invité mon père et sa femme pour un déjeuner de fêtes. A l’apéritif, mon père a donné à mon frère et ma belle-sœur une caisse (oui l’une de ces grosses caisses en plastique) remplie de cadeaux pour leur bébé. J’ai serré les dents pendant le déballage de la dizaine de cadeaux, la main de Mr Patient sur mon genou et j’ai avalé ma flûte de Champagne rapidement pour tenter de noyer ma tristesse dans l’ivresse. L’échange des autres cadeaux s’est terminé et mon père s’est tourné vers moi en me disant : « Ah, j’ai oublié ton cadeau à la maison ». Je me suis reprise un nouvel uppercut au menton, comme mon père sait si bien en donner sans s’en rendre compte et je me suis sentie comme quantité négligeable à ses yeux. Son cadeau, en soit je m’en fous.

Un vrai beau cadeau aurait été de faire cet insensé déballage de cadeau avant que nous arrivions.

Ou bien d’avoir une petite parole réconfortante comme « on a hâte de gâter le vôtre également ».

Ou encore de nous demander à un moment ou à un autre comment nous allions.

On est réparti chacun de notre côté. Je ne sais pas quand je reverrais mon père, mais je sais qu’il va me falloir plusieurs mois pour digérer ses dernières maladresses. Et si jamais il me revenait d’avoir cette sotte idée de fêter Noël avec lui, je lui enverrai ces 3 suggestions sur ma liste du Père Noël.

Même si au fond de moi je sais bien que c’est peine perdue….

Bette Davis Christmas GIF - Find & Share on GIPHY